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RDC–Sicomines : des milliards de cuivre extraits, mais quelle part revient réellement au peuple congolais ?


Stock de minerai
Stock de minerai

Présenté depuis près de deux décennies comme un partenariat stratégique entre la République démocratique du Congo et des entreprises chinoises, le contrat Sicomines est encore au centre du débat dans un contexte marqué par la hausse des cours du cuivre depuis 2023.


Premier producteur africain et deuxième producteur mondial de cuivre, la RDC a enregistré une forte progression de sa production atteignant 3,4 millions de tonnes. 
Ces exportations sont passées de 2,8 millions de tonnes en 2023 à 3,1 millions de tonnes en 2024, avant datteindre un pic de 3,5 millions de tonnes en 2025. 
La Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCPM ) dans son bulletin indique que les exportations de cuivre métal cathodes et cuivre contenu ont connu une croissance significative au cours des cinq dernières années, au point de doubler. 

L'année dernière, les prix mondiaux ont également atteint des niveaux élevés, avec un pic estimé à 12 116 dollars la tonne en décembre.

Cette production est majoritairement assurée notamment par des groupes chinois tels que CMOC Ltd, Zijin Mining, Sinohydro, CREC, China Nonferrous Metal Mining Corp. et Yite Holding.

Toujours selon cette source, Sur les sociétés minières opérant en RDC (74) seules dix entreprises assurent 78 % des exportations de cuivre. Cinq grands groupes concentrent à eux seuls plus de la moitié des exportations, soit un total de 1 639 800 tonnes.

En outre, Zijin Mining figure parmi les principaux acteurs du secteur avec une participation importante dans le complexe Kamoa-Kakula. Sicomines (SCM), avec une production estimée à près de 248 394 tonnes en 2025 contre 244 750 tonnes en 2024, occupe la troisième position des exportateurs, derrière Kamoa Copper SA, qui affiche respectivement 400 185 et 416 221 tonnes.

La Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCPM ) affirme dans son rapport que le cours moyen du cuivre est passé denviron 8 480 dollars la tonne en 2023 à 8 948 dollars en 2024, avant de dépasser les 10 160 dollars en 2025, selon les prévisions retenues dans le budget de lÉtat.

Cette progression de la production et des exportations ne sest pas traduite par une augmentation proportionnelle des recettes publiques, alimentant ainsi les débats autour de la gouvernance de la rente minière.

Un avenant de rééquilibrage

Signé en mars 2024, l'Avenant n°5 à la convention de collaboration entre la RDC et le groupement des entreprises chinoises est intervenu après plusieurs années de négociations engagées par le gouvernement congolais et la partie chinoise avait pour objectif de contribuer à accroître les investissements dans les infrastructures, améliorer les mécanismes de suivi et clarifier certains engagements financiers et techniques, en outre il prévoyait notamment un financement de 7 milliards de dollars pour les infrastructures, en particulier les routes, les ponts et certains projets énergétiques.

Derrière l'envolée du cuivre, les promesses inachevées 

Selon un rapport de l'inspection général des finances IGF, le le projet Sicomines, issu de la convention sino-congolaise de 2008, présente un bilan mitigé, marqué par un décalage entre les infrastructures prévues et celles réalisées. 

Le non-respect du chronogramme, les infrastructures restés inachevés ou non lancées malgré le financement de la première phase. 
A titré d'exemple près des 5000 logements sociaux , 3565 Kilomètres de routes (les rocades de Kinshasa, les corridors reliant le centre au sud du pays (Mbuji-Mayi – Mwene-Ditu – Kaniama Kasese –), la route Bukavu–Kamanyola, la majorité des infrastructures prévues dans la convention initiale n'a jamais été livrée soutien l'IGF, et cela a entraîné un manque à gagner pour la RDC. 

Le niveau d'exécution des infrastructures reste largement inférieur aux prévisions initiales note pour sa part  Jean Claude Mputu membre de la coalition le Congo n'est pas à vendre précisant que seulement, 1132 kilomètres de routes auraient été réalisés entre 2008 et 2025 sur les 6 538 kilomètres annoncés au départ, soit un taux d'exécution estimé à près de 18 %. 
Du côté des autorités, un conseiller au ministère des mines  reconnaît à Jeune Afrique l'existence de retards dans certains projets, invoquant notamment les contraintes de financement .

Cependant, malgré nos démarches visant à obtenir une réaction de Sicomines, aucune réponse n'avait encore été obtenue au moment de la rédaction de cet article.
Alors que le  mécanisme de financement retenu dans l'Avenant n°5 pourrait limiter les recettes supplémentaires que la RDC aurait pu tirer de la hausse exceptionnelle des cours du cuivre. 
Le pays pourrait enregistrer un manque à gagner à près de 412,6 millions de dollars sur la période 2024-2026.

 

Philip LECLERC


Publication : 07-2026

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