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Macron-Philippe : le duo du pouvoir exécutif


Macron–Philippe
Macron–Philippe

Avec la formation d’un gouvernement oeucuménique, le président de la République et le Premier ministre veulent réformer la France. Depuis le printemps 2017, un vent de renouveau a soufflé sur la France.

Ce ne fut, ni un tonnerre ni un ouragan, mais les deux, inhérents au climat politique du clivage droite-gauche. A l’affiche du nouveau paysage de cette France républicaine, deux acteurs de la vie politique apparaissent. Ils sont aux commandes de l’État : le Président de la République (homme de gauche socialiste) et son Premier ministre (homme de droite républicaine).

Ils sont tous deux, de la génération née après 1968, année de la grande crise sociale orchestrée par les étudiants. Leur point commun, au delà de leurs personnalités différentes, est de vouloir faire de la politique autrement, aux frontières du clivage droite-gauche. Cette convergence d’idées, sur certains sujets de société, suffit-elle pour les amener à faire des réformes d’une France corporatiste et conservatrice ?

C’est un défi que le Président et son Premier ministre, face à une opposition disparate, réduite en particules d’atome veulent relever. Ils ont cinq ans pour le faire. Un début de réforme s'est instauré depuis, sans trop de difficultés. Toutefois, celle des transports ferroviaires piétine particulièrement sur le statut des cheminots. A cela, une grogne sociale se répand sur d'autres secteurs d'activité tels que l'Enseignement ou les hôpitaux. Dans ce bras de fer, les syndicats montrent leurs muscles.

Un Président jupitérien attaché aux symboles et prestiges de la France.

Elu à 39 ans, il est le plus jeune Président de la Ve république (1958), élu au suffrage universel, et aussi chef de l’Etat depuis Napoléon 1er (1789). Très vite, il endosse le costume présidentiel et prend de la hauteur, dans une posture gaullienne. Ses ambitions sont de restaurer la voix de la France, faire d’elle « une grande puissance tout court ». Pour se faire, il a tordu le cou à tous ces caciques et afférés de la politique, ceux là même qui le considéraient comme un intrus, un opportuniste dans cet univers impitoyable de la politique.

Face à ce défi, il ne veut en aucun cas perdre le fil de sa promesse initiale « d’être collectivement à la hauteur de ce temps historique, de transformer en profondeur l’économie, la société et son champs politique (sic) ». Avec élégance et dans les règles de la diplomatie, il ne cesse d’exprimer la vision qu’il a pour son pays dans le monde face à ses homologues et autres interlocuteurs qu’il rencontre ou reçoit dans ces lieux prestigieux et mythiques qui font l’admiration de la France. Dans un monde devenu multipolaire et, au rythme des mutations, les vieilles recettes d’idéologie feignent d’ignorer les réalités sociétales.

Ce monde « en marche » de transformations technologiques, scientifiques et, avec le développement du numérique, le jeune Président a inscrit son histoire dans celle d’une vieille nation, que tant de siècles ont forgé.

Inconnu du public et du corps électoral il y a seulement un an, la dynamique de ce mouvement politique « En Marche » qu’il a crée en quelques mois, s’est imposé comme une évidence. Pour le reste, les Français ont conforté leurs votes présidentiels et législatifs, dans une logique de cohérence, selon les institutions de la Ve république.


Un Premier ministre dans l’action des tâches régaliennes.

Avec sa haute taille dans un corps d’athlète, le Premier ministre a aussi le profil d’un grand serviteur de l’Etat. A 47 ans passés, il est devenu le troisième plus jeune Premier ministre de la Ve république, après Jacques Chirac et Laurent Fabius.

Tout aussi inconnu du grand public, comme le Président il y a un an, il y a été toute fois, un élu local. Conseiller général de la Seine Maritime et maire depuis 2010 de la ville du Havre, un grand port maritime de commerce depuis 500 ans. Comme le Président, le Premier ministre es  un ancien de l’ENA, rompu aux rouages des diverses fonctions, dans les secteurs publiques et privés. En le nommant Premier ministre, Emmanuel Macron connaissait peu Edouard Philippe, si ce n’est par une relation commune, en la personne d’Alexis Kohler, devenu Secrétaire général de l’Elysée.

En politique, tout l’art consiste à gagner. Et dans le climat délétère d’avant l’élection présidentielle, l’homme politique Edouard Philippe alors dans l’opposition, ne ménageait pas du tout Emmanuel Macron, ministre de l’Economie dans le gouvernement socialiste de François  Hollande. Il dénonçait le « Macron des actes » avec le « Macron des discours » ou encore, « Macron n’assume rien mais promet tout ».

Sous la Veme République, c’est la première fois qu’un ministre, en dehors des périodes de cohabitation, conduit une politique qu’il n’a pas soutenu pendant la campagne présidentielle, et qu’il ne soit pas issu d’un parti politique, soutenant officiellement le chef de l’Etat.

Néanmoins, partisan et acteur de premier rôle dans le « jeu stratégique macronien », gauche droite / droite gauche, le Premier ministre n’hésite pas à monter aux créneaux quand il le faut, surtout dans la conjoncture sociale actuelle. Homme de concertation et de dialogue sur les grandes décisions régaliennes, c’est un Premier ministre en plein exercice dans ses fonctions en harmonie avec le Président.

Bien que, le 31 octobre 2017, le bureau politique des Républicains – sa famille politique – a pris « acte de son départ », sans toute fois l’exclure formellement du parti.

Au regard du fonctionnement normal, de ce gouvernement composé de sensibilités diverses, on peut se poser la question :

le couple en charge des affaires de l’Etat tiendra-t-il en bon ménage, aussi longtemps sans mésentente ni brouille de prérogatives ?

On se souvient des propos d’un ancien président de cette même Ve République : « Le président décide, le Premier ministre exécute ».


Solo


Publication : 07-2018

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