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La Francophonie, un laboratoire de la mondialisation


Dominique Barjot
Dominique Barjot

Un colloque sur "Economie et développement durable : héritages historiques et défis actuels au sein du monde francophone" tenu à l’Université Paris Sorbonne (Paris IV) et dont les Actes viennent d’être publiés en mai 2016 dans les publications de la société française d’histoire des outre-mer (Sfhom), met en exergue l’espace francophone dans la construction de la mondialisation.


C'est une œuvre commune des deux entités : le Centre de recherche Roland Mousnier de l’Université de Paris Sorbonne (Paris 4) et le Réseau international des Chaires Senghor de la Francophonie de l’Université Jean Moulin (Lyon 3).

Pour les responsables respectifs de ces centres, le professeur Dominique Barjot et la Déléguée exécutive Thi Hoai Trang Phan, le colloque est une réussite.

Une telle approche est originale selon le constat du Pr. Michel Guillou, directeur de l’Iframond (Institut pour l’Etude de la Francophonie et de la Mondialisation) (ndlr : devenu actuellement Institut international pour la Francophonie et dirigé par le Pr. Olivier Garro).

« Dans son approche, le colloque a mis en évidence que l’enjeu économique est majeur et a toujours été présent aux côtés de l’enjeu politique dans la construction francophone. Il s’est attaché à décrire des trajectoires industrielles et nationales avec des exemples concrets dans les domaines de l’énergie et en particulier du pétrole, de l’électricité mais aussi des matières premières industrielles et agricoles » déclare t-il.

Tout en rappelant que l’approche rejoint les thèses de Phan Trang pour le Vietnam et d’Alioune Drame pour le Sénégal sur l’étude de la Francophonie.

Michel Guillou est ferme : « ce colloque aura ainsi ouvert à une approche globale de la Francophonie, (…) qui est un laboratoire de construction de la mondialisation humaniste, ce qui suppose qu’elle soit à la fois un espace riche de développement économique, de forte solidarité

et de promotion des biens communs ».

Au total, quinze conférences ont été présentées durant deux jours par plus d’une douzaine de spécialistes et chercheurs issus de l’Europe mais aussi d’Afrique subsaharienne, de Madagascar, du Vietnam, du Québec et d’Amérique latine.

Ces conférences ont permis de revenir sur les héritages historiques, en vue des défis à entreprendre au sein du monde francophone.

Il y a eu deux thèmes majeurs, en premier lieu, « l’énergie, enjeu majeur pour le développement » avec sept communications.

Certaines remémorent l’histoire du pétrole algérien à travers la Sn Repal, la stratégie énergétique tunisienne des années 1956, l’électrification du Cameroun par EDF et Pechiney de 1945 à 1965 et les enjeux énergétiques à Madagascar de 1958 à 1972.

Le poids des entreprises pétrolières françaises dans le monde francophone, de l’entre deux guerres aux années 1970 ainsi que la stratégie de la Banque de Paris et des Pays-Bas dans le secteur minier indochinois y ont été décortiqués.

Le deuxième thème concerne « les matières premières industrielles et agricoles comme le défi de l’intégration mondiale » à travers des travaux de recherche couvrant des espaces, des périodes et des thèmes différents. Le ciment, l’aluminium et la sidérurgie sont autant d'industries emblématiques qui servent d'exemple dans les relations internationales.

Il est question des entreprises coloniales considérées comme une expérience ambigüe.

Des communications posent l’importante question de savoir si les jeunes nations d’Afrique francophones peuvent compter sur l’aide publique au développement dont celle de l’Union européenne, face aux multinationales ?

Pour Dominque Barjot et T.H. Trang Phan, « il importe d’engager un processus de modernisation agricole et d’industrialisation endogène des pays en voie de développement, susceptible de permettre une insertion compétitive dans un monde caractérisé par la libéralisation croissante des échanges de biens, de services et de capitaux ».

Ils sont convaincus qu'« à une époque où la France cherche à relancer une croissance fragile et hésitante (…) c’est vers l’Afrique et l’Asie qu’il faut d’abord regarder ».

Avec ce colloque, les co-présidents entendent revaloriser les recherches dans l’espace francophone comme un laboratoire dans la construction de la mondialisation.


James Ramarosaona


Publication : 01-2017

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